mercredi, septembre 08, 2010 01:32

Ecologie urbaine

Dans cette page, je me suis permis de reprendre et résumé de manière libre le livre “Ecologie urbaine : entre la ville et la mort“ de Jacques Vicari, architecte et professeur à l’Université de Genève.

Parce qu’elle est vivante, la Ville lutte constamment contre la mort. Dès son origine, elle n’a cessé de puiser dans le réservoir que constitue la campagne et d’empiété sur son territoire.

Le passage de sociétés nomades aux sociétés sédentarisées se matérialise par la construction d’habitats (enterrés ou semi-enterrés tout d’abord) et la domestication des animaux. Cette sédentarisation se fera néamoins dans la douleur. En effet, la densification de la population, l’accumulation de déchets et la cohabitation avec les animaux provoqueront une propagation accrue des maladies et des épidémies. Une hausse de la natalité sera dès lors nécessaire pour limiter l’augmentation de la mortalité.

Progressivement, les habitats semi-enterrés, en grappes généralement, vont céder leur place à des batiments rectangulaires, constitués de murs droits émergeant du sol. Ce type de constructions permettra entre autres d’agrandir, par simple adjonction de modules, les habitations.

De cette période s’ensuit progressivement la réalisation de voirie sommaire, afin notamment d’amener l’eau potable aux habitants.  

Si une homogénisation urbanistique prévaut, une hierarchie sociale sommaire apparaît néanmoins avec l’existence des Conseils des Anciens. Même si l’espérance de vie n’excède pas 35 ans, ces Anciens jouent un rôle primordial dans la société. Mémoire de cette dernière, ils connaissent les périodes les plus favorables à la culture des champs.    

Les déplacements de population résultant le plus souvent de bouleverements climatologiques vont alors contraindre les habitants de certains villages épargnés à accueillir des réfugiers venus en masse et à généraliser la réalisation et l’amélioration d’infrastructures, telles que les systèmes de canalisation et d’irrigation. Une structure hierarchique plus rigide et complexe se met alors en place.

Jacques Vicari écrit : “contrairement à l’idée répandue que les villes sont issues des villages, elles sont nées dans l’urgence et la détresse“.  

Dans l’incapacité d’absorber les populations, les villes vont progressivement recourir à des fortifications, en tant qu’expression à l’origine du clivage ville-campagne.  

Refoulé parce qu’il s’était présenté trop tard devant les portes closes de Genève et conscient du rôle discriminatoire des villes, Rousseau écrivait plus tard : “Les villes sont le gouffre de l’espèce humaine. Au bout de quelques générations les races périssent ou dégénèrent; il faut les renouveler, et c’est toujours la campagne qui fournit à ce renouvellement [...]“.

L’une des grandes préoccupations des Villes a été l’apport en l’eau. Source de vie, l’alimentation de l’eau potable devient progressivement une priorité en zone urbaine. Des canaux ouverts dès les origines de la Ville, puis des acqueducs aux petits tunnels dans les régions montagneuses vont succéder les douves.

Toutefois, source de vie, l’eau est également source de mort. Ainsi, les douves vont s’élargir au Moyen-Age pour des raisons militaires, favorisant par là même les eaux stagnantes et leurs effets mortifères. 

Les douves ont installé les marais au porte de la ville. Ne connaissant pas les micro-organisme, les érudits de l’époque ne pouvait faire le lien avec les porteurs de certaines maladies (moustiques) qui résidaient dans les marais. Ainsi, la malaria a été longtemps assimilé à la mauvaise aire (=mal aria), alors même qu’elle était transmise par des agents (les moustiques anophèles) qui résidaient à proximité d’eau stagnante. 

 

 

[En construction]

Source : Jacques Vicari, Ecologie urbaine : entre la Ville et la mort, 2007.