Après avoir très justement proposé hier la création de structures d’accueil de la petite enfance pour les demandeurs d’emploi, le Conseil d’Etat vient de créer une sorte de “securitate” dans le seul but consiste à traquer les fraudeurs de l’aide social et les travailleurs au noir. Certes, tout le monde en convient, il n’est pas admissible de profiter des assurances sociales ou de l’aide social. Toutefois, la mesure semble bel et bien disproportionnée, puisque pas moins de 40 personnes seront affectuées à cette tâche.
Frédéric Hainard se justifie en ces termes : “Dans une situation financière difficile, il existe un moyen d’offrir des prestations sociales, c’est en trouvant et en sanctionnant ceux qui en abuse“. Et voilà, la solution est tout trouvée! En vérité, résorber cette situation financière effectivement difficile ne consiste cependant pas à laisser sous-entendre qu’il y a un nombre conséquent de profiteurs dans les classes les plus démunies de la société. L’homme oublie de préciser que les permiers profiteurs du système sont les générateurs de crises, ceux-là même qui constituent son électorat de base : les financiers et autres économistes.
En fait, la plupart des experts de l’aide sociale le reconnaisse, le problème du canton de Neuchâtel se trouve non seulement dans le taux de famille monoparental élevé qui caractérise un canton urbain et protestant, mais surtout dans la rapidité du passage du monde du travail à l’aide sociale. En effet, contrairement à d’autres cantons, il n’y a pas de structures permettant de combler, par exemple, un manque de l’assurance-chômage.
Quel beau nuage de fumé pour dissimuler les véritables coupables !
Le Conseil d’Etat nous avait habitués au pire depuis quelques temps. Or, à la surprise générale (du moins la mienne), celui-ci réalisera prochainement la création de crèches pour les demandeurs d’emploi ayant retrouvé un emploi (ou étant assignés dans un programme de réinsertion).