vendredi, septembre 10, 2010 20:27

Archive pour la catégorie ‘Société’

Un autre monde est possible

Mardi 15 septembre 2009

Dans une interview des années 80, le sociologue Jean Ziegler revient jean-ziegler-1-21sur la différence fondamentale entre les démocraties occidentales et celles des pays soviétiques.

Les premières se caractérisent par une liberté d’expression quasi totale, tant au niveau de la société civile qu’au sein des structures parlementaires. Les secondes, au contraire, ont été marquées par leur obscurantisme et la limitation des libertés, les autorités recourant si nécessaire à une répression systématique.

Toutefois, que peut bien exprimer cette différence ?

Dans nos “démocraties” actuelles (occidentales), les prises de position, le débat idéologique n’a, en vérité, aucune incidence. Les individus au sein des structures politiques ou de la société civile n’ont pas d’influence sur le fonctionnement du système, la société étant dirigée par la seule loi du marché. Le marché décide de qui peut avoir un appartement, qui peut publier un livre ou qui peut accèder à tel ou tel poste… bref, même si dans les faits celui-ci est dominé par quelques uns, issus du capital financier, le marché règle tout.

Dans les “démocraties” soviétiques, les prises de position des individus au sein des structures politiques ou de la société civile avaient une influence énorme. La loi du marché étant quasi inexistante, chaque décision individuelle ou collective devenait efficiente. Les décisions politiques avaient donc des répercussions immédiates sur la vie des citoyens. Parce qu’elle avait la possibilité de faire vaciller le système, la dissidence était sujette à de nombreuses répressions.

Bref, si la dissidence représentait un danger mortel pour la bureaucratie soviétique, elle ne représente un danger d’aucune sorte pour nos sociétés actuelles.

Entre la domination de vieillards totalitaristes du Kremlin et la domination du marché capitaliste, caractérisé par son absurdité, ses mensonges et ses meurtres, Ziegler se donne en définitif le droit de revendiquer la réalisation d’un autre monde…

qu’il nous reste désormais à construire… 

http://archives.tsr.ch/player/personnalite-ziegler

Le chômage continue sa progression

Vendredi 7 août 2009

Avoisinnant ceux de 1997, les taux de chômage et de demandeurs d’emploi, avec leur progression constante et rapide, sont particulièrement inquiétants dans le canton (6,1%).

Dans le district du Locle (6,2%), le taux de chômage suit la tendance cantonale, même si les communes rurales, généralement moins touchées, amoindrissent cette progression. En Ville (7,4%), le secteur industriel, et notamment horloger, est particulièrement concerné, certaines entreprises procédant à des licenciement ou recourant au chômage partiel. La diversification des secteurs de production (pharmaceutique,…) permet néanmoins, dans une moindre mesure, de ralentir cette évolution (par rapport à la Ville de la Chaux-de-Fonds (8,3%) notamment).

Reste que la fin de la période estivale sera déterminante pour la progression du chômage. En effet, la plupart des entreprises, qui recourent déjà au chômage partiel, ont demandé à leurs collaborateurs de prendre l’entier de leur vacances cet été. Cette période de non production devrait permettre notamment de diminuer les stocks tout en espérant l’arrivée de nouvelles commandes. Si ces dernières ne se concrétisent pas, les entreprises risquent d’être tentées de procéder à de nouvelles vagues de licenciements.

Au niveau conjoncturel et national, le SECO (Secrétariat à l’Economie) ne prévoit de toute façon aucune embélie pour 2010. Dès lors, des questions cruciales devront être posées : Que faire face à un marché de l’emploi saturé depuis plusieurs années et qui ne cesse, à l’heure actuelle, de se contracter ? Que faire face à l’explosion des demandeurs d’emploi et de l’aide sociale, véritable bombe sociale ? Un retour aux fondamentaux de la gauche (réduction du temps de travail pour tous, allocation universelle,…) semble dèsormais plus qu’inévitable. Pourtant, enfermés dans leur schème néolibéral, les Conseillers fédéraux prévoient une nouvelle révision de la loi sur l’assurance-chômage. Avec une diminution du nombre d’indemnités pour une même période de cotisation, cette révision scandaleuse lancera une nouvelle partie de la population dans la précarité. Les Associations de Défense des Chômeurs (ADC) ont, pour leur part, déjà promi le lancement d’un référendum. Affaire à suivre…

Sur le RUN : « Toute démocratie finit en oligarchie » (Aristote)

Vendredi 20 février 2009


Les divers projets d’Agglomérations neuchâtelois avaient pour but premier de profiler le canton comme pôle urbain susceptible de contrebalancer les pôles existants (notamment ceux de Zürich ou de l’arc lémanique). La cause semblait compréhensible dans une logique néolibérale de concurrence entre entités économiques. De plus, ces projets d’agglomération devaient permettre un échange optimum d’idées entre les diverses entités, rurales et urbaines.

 

Pourtant, derrière ces projets se cachent une bien triste réalité : la disparition des collectivités locales et de leur diversité, sources pourtant de toute démocratie populaire. En effet, par rapport aux communes qui ne se trouvent pas dans un projet d’agglomération d’importance, notamment celles dites rurales, le but est à peine caché : « Laissez-les se finir ». C’est bien vers cela que tout tend. Dissoudre les dernières communes, afin de museler le processus démocratique, tel est le but qui semble se dessiner. Le problème est que l’on touche aux droits fondamentaux, hérités de la Grèce antique et de la philosophie libérale des Lumières. Pour rappel, le Bureau des Agglomérations, dit le BAR, est constitué en majeur partie de petits copains pseudo-socialistes. Dépolitisés ou intentionnellement compromis, ceux-ci n’ont de cesse de s’aligner sur le TINA (There Is No Alternativ : la pensée dominante qui est parvenue à se faire unique). En réalité, le but est simple : nier les spécificités régionales et la réalisation d’une politique de proximité, tout en gelant à terme les investissements possibles de et pour certaines communes. C’est bien la cohésion et l’équilibre cantonal qui se voient remise en cause.

 

Le président de l’Agglomération des 3 villes, Pascal Sandoz, a lui-même reconnu que, parallèlement à ces projets, l’Etat menait à l’heure actuelle une réflexion sur un canton à une seule commune, voir quatre – variante privilégiée – ou huit, sans considérer que l’ensemble de celles-ci étaient sources de complémentarités et par là même génératrices de créativité. Chaque commune ayant ses spécificités et ses attentes propres vis-à-vis de sa population, celles-ci sont donc ainsi vouées, selon une certaine élite, à disparaître. Les communes se verront dans l’obligation de financer des projets pour lesquels elles n’auront plus leurs mots à dire. Au final, si nous ne réagissons pas rapidement, ceux qui feront les frais de cette politique sont à nouveau les travailleurs et travailleuses, les agriculteurs et agricultrices, les chômeurs et chômeuses… bref, les citoyens et citoyennes.

 

En tant que vice-président de l’Agglomération des 3 villes, dont le projet initial consistait à se profiler comme pôle crédible vis-à-vis de l’extérieur, je ne peux que constater les risques de dérive de cette nouvelle superstructure. Pour répondre aux interrogations, parfois outrées de certaines personnes, sur notre présence au sein de cette entité, il me vient à l’esprit ce dialogue tiré du livre « quatre-vingt treize » de Victor Hugo :

 

Danton : « l’ennemi est à l’extérieur… et je l’ai chassé ».

Robespierre : « Non, l’ennemi est à l’intérieur… et je le surveille ».

 

Bref, le RUN, qui n’a eu en vérité de la manne fédérale qu’une partie minime de ce qu’il escomptait et dont la structure devient de plus en plus couteuse, aurait pu être un lieu d’échange et le début d’une belle aventure pour le canton… il risque d’en être, en définitif, que le fossoyeur…

Cette situation, artificiellement créée par le Conseil d’Etat et le BAR, pourrait néanmoins trouver une issue favorable en mettant sur pied des partenariats entre communes, notamment sur la gestion des terrains industriels et les retombées économiques… advienne que pourra.  

Doris Leuthard au Locle

Dimanche 14 décembre 2008


Saluons la démarche de la Conseillère fédérale, Madame Doris Leuthard, qui, malgré la neige et son agenda vraisemblablement surchargé en raison de la session des Chambres, a trouvé le temps d’aller à la rencontre de la population locloise pour débattre sur l’extension des bilatérales.

Le débat fut particulièrement cordial et constructif. Selon elle, les bilatérales ont donné un coup de fouet à l’économie et aux exportations, tout en précisant qu’elle a une pensée tout particulière pour ces « pauvres chômeurs ». Néanmoins, le taux de chômage est, selon elle, faible (voir négligeable ?) comparativement aux autres pays d’Europe. De plus, ce nouveau paquet de bilatérales sera accompagné de mesures d’accompagnement, à savoir une augmentation du nombre d’inspecteurs du travail pour surveiller et dénoncer un éventuel dumping salarial.

Ce que la Conseillère fédérale en charge de l’économie omet pourtant de dire, c’est que :

1) la Suisse n’applique pas les normes de l’OCDE en matière de chômage, ce qui inévitablement réduit la statistique du chômage ;

2) le taux de chômage officiel en Suisse a diminué depuis plusieurs années, il est vrai… mais le nombre de dossiers à l’aide sociale a lui explosé ! Ainsi, les demandeurs d’emploi qui n’ont plus droit à l’assurance-chômage ou les travailleurs dit « pauvres » se retrouvent souvent dans des situations extrêmement difficiles.

3) la 4ème révision de l’assurance-chômage, préparée par Madame Leuthard, diminuera le nombre d’indemnités pour une même période de cotisation. Au final, une nouvelle charrette de personnes vont se retrouver à l’aide sociale.

4) les mesures d’accompagnement promises sont les mêmes que lors de la première votation sur les bilatérales, qui, rappelons-le, n’ont jamais été totalement réalisées.

Bref, les bilatérales sont essentielles à la formation, à l’économie et aux exportations. N’oublions pas cependant que derrière ces abstractions, il y a des travailleurs et travailleuses (en emploi ou non), des hommes et des femmes. Une libéralisation des marchés (tels que celui de l’emploi) et de surcroît en période de récession doit s’accompagner de mesures de protections sociales particulièrement fortes, … afin de ne pas laisser trop de monde sur le bord de la route.

Seulement 30 miards auraient suffit…

Jeudi 16 octobre 2008


La Confédération a fait pire que tous les états néo-libéraux de la planète ! Certes, après les Etats-Unis et l’Union Européenne, la Banque nationale suisse est, elle aussi, intervenue (avec plus de 6 milliards de nos francs) pour aider les banques helvétiques et par la même tenter de ”sauver” le système capitaliste.
capital de l’UBS et du Crédit suisse !!! Elle a donc renoncé à un quelconque rôle décisionnel, laissant libre choix aux spéculateurs qui ont déjà conduit au désastre actuel. Tout au plus, le Conseil fédéral a souhaité que les dirigeants renoncent à leur bonus et indemnités de départ… quel courage ! En vérité, c’est bien pire ! L’argent investi finira majoritairement dans les poches des actionnaires actuels. Bref, comme dit Roger Nordman, les gros actionnaires s’apprêtent à spolier la collectivité… 

Mais contrairement aux autres états de la planète, la Suisse a renoncé à prendre part au

Au final, c’est bien plus de trois mille milliards de dollars qui ont déjà été dépensés par les pays alignés pour lutter contre la faillite du système, alors que, selon des estimations officielles, trente milliards de dollars auraient permis d’éradiquer le problème de la faim sur Terre…

Union des Brigands du Sport

Vendredi 6 juin 2008

Ce samedi 7 juin, la grande fête de l’Euro foot va débuter.

Pays organisateur avec l’Autriche, la Suisse aurait pu montrer l’exemple en redonnant ses lettres de noblesses à l’un des sports les plus populaires du monde.

Hélas, trois fois hélas… l’UBS s’est octroyé l’exclusivité des retransmissions sur écran géant (diagonale de plus de 3 mètres) à travers plusieurs villes de Suisse. Ainsi, à La Chaux-de-Fonds, les amateurs de foot sur ce type d’écran ne pourront voir le match que sous la seule tente de Polyexpo ! De plus, les supporters qui porteront des marques concurrentes à celle de la Banque suisse ou à d’autres sponsors officiels pourraient se voir refouler ! Et enfin, comme si cela ne suffisait pas (je pense en particulier à mon ami, Gontrand),… la bière sera à plus de 5 francs ! Chère la tournée… Vive la convivialité !

Bref, heureusement que la collectivité publique n’a pas payé pour cette mascarade… oups!… ben oui : plus d’une centaine de milliers de francs !

Bon vive le foot… quand même…

P.S. Ces agissements ont choqué même en Suisse alémanique. Ainsi, des camarades de Winthertour ont lancé et gagné un référendum contre ce type d’exclusivité ! Bravo